Pour une gestion plus judicieuse des prêts d’études au Canada : l’aide au remboursement, la révision des modalités et l’exonération de remboursement

par Pamela Meger, PAIR, SAI
Vous avez du mal à rembourser vos prêts étudiants ? Découvrez les différents programmes d’aide gouvernementaux, notamment le remboursement des prêts, les modalités révisées et l’annulation de la dette ; les aides disponibles actuellement et les changements qui pourraient vous concerner.
19 février 2026

Même quand tout va bien, avoir à rembourser un prêt d’études peut sembler insurmontable – et face aux politiques qui ne cessent d’évoluer, il est plus important que jamais de savoir sur quelle aide on peut compter et quels sont les changements susceptibles d’avoir un impact sur notre vie.

Le gouvernement du Canada offre deux principaux programmes de remboursement destinés à aider les emprunteurs dans différentes situations financières. En fonction de votre situation, ces programmes peuvent réduire le montant de vos mensualités, suspendre ou diminuer les intérêts, reporter l’échéance de vos paiements ou, dans certains cas, vous exonérer carrément de l’obligation de rembourser votre prêt.

Révision des modalités de remboursement

Selon les conditions standard des prêts d’études canadiens, vous avez normalement jusqu’à 114 mois – ou environ neuf ans et demi – pour rembourser votre prêt. Si vous subissez une baisse de revenu temporaire mais comptez être en mesure de rembourser intégralement votre prêt, vous pourriez être admissible à une prolongation de la durée de remboursement de votre prêt. Il vous suffit de communiquer avec le centre de service de prêts aux étudiants et de demander la prolongation de la période d’amortissement du prêt jusqu’à 174 mois ou environ quatorze ans et demi.

La révision des modalités vous permet de modifier le montant de vos paiements afin qu’ils conviennent mieux à votre budget. Si vous avez besoin d’une certaine flexibilité, vous disposez de quelques options. Ainsi, vous pouvez prolonger temporairement la durée du prêt de six mois au maximum, ce qui réduira le montant de vos paiements mensuels pendant cette période. Après cela, vos mensualités seront ramenées au montant original établi dans votre contrat de prêt consolidé.

Si vous avez besoin d’un répit à plus long terme, vous pouvez prolonger de manière permanente la durée de remboursement de votre prêt, ce qui signifie que le remboursement sera étalé sur un plus grand nombre d’années, mais le montant des mensualités sera moindre. Il existe aussi une autre option qui consiste à payer les intérêts seulement pendant une période maximale de 12 mois sur la durée du prêt d’études, ce qui pourra vous offrir une certaine marge de manœuvre à court terme.

Il convient de garder à l’esprit que, quelle que soit l’option que vous choisirez, vous devrez quand même rembourser votre prêt intégralement, intérêts compris. En demandant que soit prolongée la période de remboursement – ne serait-ce que temporairement –, vous finirez, à terme, par payer plus d’intérêts au total, mais le montant de vos paiements mensuels pourrait être plus facile à gérer au moment où vous en avez le plus besoin.


Programme d’aide au remboursement

Si vous avez de la difficulté à rembourser votre prêt d’études, sachez que certaines mises à jour apportées récemment au Programme d’aide au remboursement (PAR) et au programme d’exonération de remboursement de prêts pourraient vous intéresser.

Tout d’abord, la bonne nouvelle : le gouvernement du Canada offre une exonération de remboursement de prêts d’études aux personnes qui exercent certaines professions dans des collectivités admissibles. Vous n’avez pas à attendre d’avoir fini de rembourser avant de présenter une demande. Vous pouvez le faire pendant que vous effectuez activement des paiements, alors que vous êtes encore aux études ou même pendant la période de grâce de six mois suivant la fin de votre programme d’études.   

Pour être admissible, vous devez avoir travaillé dans une profession et une collectivité admissibles, de même qu’avoir été employé·e pendant une année complète – c’est-à-dire 12 mois consécutifs dans la majorité des cas. Il existe quelques exceptions : les éducatrices et éducateurs de la petite enfance, les psychologues, les travailleuses et travailleurs sociaux et le personnel enseignant travaillant dans une école peuvent être admissibles après 10 mois consécutifs; ce délai raccourci ne s’applique toutefois pas aux résident·es en médecine familiale. Vous devrez également avoir offert au moins 400 heures de services en personne, et le remboursement de votre prêt d’études ne doit pas avoir été interrompu – autrement dit, vos paiements doivent être à jour.

Après avoir terminé l’année de travail ouvrant droit au programme, vous avez 90 jours pour présenter votre demande. Pour demeurer admissible, vous devrez présenter une nouvelle demande chaque année. Tant que les dossiers du Programme canadien d’aide financière aux étudiants indiqueront que vous pourriez être encore admissible, un rappel vous sera envoyé quand viendra le temps de renouveler votre demande.

Il importe de savoir également à quoi l’exonération ne s’applique pas. Ainsi, vous ne pouvez pas demander une exonération pour des prêts qui ont été convertis en marge de crédit, des prêts d’études privés ou des prêts aux médecins résidents accordés par l’Ontario.

L’un des principaux changements apportés dernièrement est l’allongement de la liste des professions admissibles. Au départ, le programme s’appliquait à sept professions, alors qu’il en regroupe 10 de plus maintenant. Ainsi, aux titulaires de plusieurs postes infirmiers et en médecine se sont ajoutés les dentistes, les hygiénistes dentaires, les éducatrices et éducateurs de la petite enfance, les sages-femmes, les préposé·es aux services de soutien à la personne, les pharmacien·nes, les physiothérapeutes, les psychologues, les travailleuses et travailleurs sociaux, et les membres du corps enseignant. Ces nouvelles professions sont devenues admissibles le 31 décembre 2025.  

Cela dit, des exceptions s’appliquent au sein de certaines professions, et la définition de « collectivité admissible » peut varier. Il est donc important de bien lire la documentation officielle relative aux prêts d’études canadiens et de s’adresser directement aux personnes-ressources compétentes si vous avez des questions précises au sujet de votre profession ou collectivité. Vous trouverez tous les détails ici.

En vous familiarisant avec les programmes comme la révision des modalités de paiement et l’aide au remboursement, en confirmant votre admissibilité ou non à l’exonération de remboursement de prêts et en restant à l’affût des différences entre les programmes fédéraux et provinciaux, vous pouvez gérer le remboursement de votre prêt d’études avec plus de confiance et d’une manière plus éclairée.

Lorsque toutes les autres options ont été épuisées

Si vous êtes étudiant·e ou diplômé·e et que, après avoir bénéficié des programmes d’aide au remboursement et d’exonération de remboursement, avez toujours du mal à vous en sortir, vous pouvez demander l’aide d’un syndic autorisé en insolvabilité (SAI). Les SAI sont des professionnels dont les activités sont réglementées par le gouvernement fédéral. Ils sont en mesure de vous fournir des conseils en toute confidentialité et libres de tout jugement, et peuvent vous aider à comprendre les options formelles d’allégement de dette qui s’offrent à vous comme la proposition de consommateur ou, dans certains cas, la faillite. Une consultation vous donnera des précisions sur l’admissibilité ou non de votre prêt d’études à une mesure d’allégement et sur la voie la plus sensée pour votre avenir financier.

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