ACPIR : statistiques sur l’insolvabilité au Canada pour le quatrième trimestre de 2025
TORONTO – Le 9 février 2026 – Selon l’Association canadienne des professionnels de l’insolvabilité et de la réorganisation (ACPIR), le nombre d’insolvabilités de consommateurs est resté à un niveau historiquement élevé en 2025, même s’il a augmenté moins rapidement par rapport à la hausse abrupte de 2024. Les données du Bureau du surintendant des faillites (BSF) montrent que, pour l’ensemble de l’année, les insolvabilités de consommateurs ont augmenté de 2,3 % en 2025 par rapport à 2024, avec 140 457 dossiers déposés, soit le deuxième plus grand nombre annuel depuis que le BSF a commencé à suivre les chiffres en 1987, et le plus grand nombre enregistré en 16 ans (depuis 2009). Cela représente une moyenne quotidienne d’à peu près 385 insolvabilités de consommateurs en 2025, soit 10 de plus par jour qu’en 2024.
Bien qu’il ait augmenté moins rapidement, le nombre des insolvabilités de consommateurs reste élevé, reflétant les difficultés financières que beaucoup de Canadiens continuent de rencontrer sur fond d’augmentation du coût de la vie, d’alourdissement de l’endettement et d’incertitudes économiques persistantes.
« La légère hausse du nombre d’insolvabilités de consommateurs enregistrée en 2025 laisse penser que les difficultés financières continuent de toucher beaucoup de gens, même si certains indicateurs économiques ont commencé à se stabiliser », affirme Wesley Cowan, syndic autorisé en insolvabilité et vice-président de l’ACPIR, le porte-parole national sur les questions d’insolvabilité. Selon lui, « de nombreux ménages subissent encore les effets cumulés de plusieurs années d’inflation élevée, de coûts d’emprunt croissants, et de budgets serrés ».
Au quatrième trimestre de 2025, les insolvabilités de consommateurs ont légèrement reculé par rapport au troisième trimestre (moins 3,8 %), mais elles ont été plus nombreuses de 3,3 % par rapport au quatrième trimestre de 2024.
Même si le nombre d’insolvabilités de consommateurs est resté relativement stable au cours des derniers trimestres, la dette totale des consommateurs a continué de se creuser. Selon Equifax Canada, la dette totale des consommateurs a grimpé à 2,62 billions de dollars au troisième trimestre de 2025 (plus 3,4 % en glissement annuel), tandis que le montant moyen de la dette non hypothécaire par consommateur est passé à 22 321 $ (plus 511 $ en glissement annuel).
Wesley Cowan affirme que cela laisse penser que de nombreux ménages « repoussent l’inévitable » en s’appuyant plus lourdement sur le crédit pour rester à flots, au lieu de demander de l’aide le plus tôt possible. Selon lui, « lorsque les gens jonglent avec des coûts croissants en augmentant le solde de leurs cartes de crédit, leurs lignes de crédits et d’autres prêts, ils peuvent avoir l’impression de maîtriser la situation, jusqu’à ce que celle-ci leur échappe. C’est ainsi que les chiffres de l’insolvabilité peuvent rester stables à court terme, alors même que les problèmes financiers sous-jacents continuent de grossir ».
Tandis que nombre de Canadiens doivent composer avec des paiements hypothécaires plus élevés, un endettement des ménages en hausse et des pressions persistantes sur le coût de la vie, Wesley Cowan avertit que la situation financière des ménages pourrait rester fragile au cours des prochains mois.
Selon lui, « même si l’inflation est retombée par rapport à son pic, les dépenses courantes restent nettement supérieures à ce qu’elles étaient voici seulement quelques années. Pour les propriétaires qui renouvellent leur prêt hypothécaire à des taux plus élevés, l’incidence sur le budget mensuel peut être considérable, réduisant la marge disponible pour l’épargne et le remboursement des dettes ». Il affirme : « Bien que le très commenté “précipice hypothécaire” n’ait pas été aussi profond que certaines prévisions initiales le laissaient entendre, la hausse des paiements continue de peser sur les budgets de nombreux ménages et, dans certains cas, entraîne des retards ou des défauts de paiement sur d’autres formes de crédit. Parallèlement, bien que le marché du travail demeure globalement solide, les conditions ne sont pas les mêmes pour tous, ce qui accentue l’anxiété financière de certains ménages ».
Alors que leurs difficultés financières persistent, de nombreux Canadiens peuvent se sentir dépassés ou hésiter sur ce qu’il faut faire. Wesley Cowan souligne que ces personnes peuvent obtenir de l’aide dès les premiers signes de problème, et ce sans subir de jugement.
« Qu’une personne se sente dépassée par ses dettes ou qu’elle hésite simplement sur les solutions possibles, les syndics autorisés en insolvabilité peuvent l’aider à comprendre sa situation et les solutions concrètes dont elle dispose », explique Wesley Cowan. « Ils proposent généralement une première consultation gratuite, sans pression ni obligation, et présentent clairement toutes les solutions disponibles d’allégement des dettes, comme le remaniement d’un budget, le regroupement des prêts, la vente d’actifs, le dépôt d’une proposition de consommateur ou la déclaration de faillite. Ils peuvent également intervenir pour mettre fin aux appels de recouvrement et réduire le stress généré par les interactions avec les créanciers. Plus les gens demandent de l’aide tôt, plus nombreuses sont les solutions disponibles, en général. »
Les syndics autorisés en insolvabilité sont les seuls professionnels dont les activités sont réglementées par le gouvernement fédéral à avoir le droit de proposer des solutions personnalisées d’allégement des dettes, notamment les propositions de consommateur et les faillites, en plus de fournir des conseils en matière de budget et de gestion des dettes. Ils formulent des recommandations fiables et impartiales afin d’aider les gens à prendre des décisions éclairées et adaptées à leur situation.
Généralement, la première consultation avec un syndic autorisé en insolvabilité est gratuite. Pour trouver un syndic autorisé en insolvabilité dont les activités sont réglementées par le gouvernement fédéral, rendez-vous sur : https://cairp.ca/trouver-un-pair-cirp.html
En ce qui concerne les provinces, c’est en Colombie‑Britannique que le nombre d’insolvabilités de consommateurs a enregistré la plus forte hausse annuelle de 2024 à 2025 (plus 10,6 %, pour un total de 15 331 dossiers). Viennent ensuite Terre‑Neuve‑et‑Labrador (plus 7 %, pour un total de 2 395 dossiers), et l’Île‑du‑Prince‑Édouard (plus 6,1 %, pour un total de 593 dossiers).
Baisse des insolvabilités d’entreprise en 2025 dans une conjoncture toujours difficile
Le nombre d’insolvabilités d’entreprise a baissé en 2025, avec un total annuel de 4 840 dossiers déposés, soit 21,8 % de moins qu’en 2024. Si leur nombre a diminué par rapport aux sommets atteints récemment, il reste supérieur de 31,5 % à ce qu’il était avant la pandémie (2016–2019), ce qui montre que le volume des insolvabilités d’entreprise demeure élevé.
Au quatrième trimestre de 2025, le nombre d’insolvabilités d’entreprise est resté assez stable par rapport au troisième trimestre, avec une augmentation de 1,3 %, mais il a baissé de 15,8 % par rapport au 4T2024.
Beaucoup d’entreprises doivent encore composer avec une faible croissance des ventes et un fléchissement de la demande. Face à cette prudence persistante, les entreprises évitent d’investir et d’embaucher, au lieu de tendre vers une croissance rapide à court terme.
« Le nombre d’insolvabilités d’entreprise a baissé en 2025, mais cela ne signifie pas que la conjoncture s’est soudain améliorée », déclare Craig Munro, syndic autorisé en insolvabilité et président de l’ACPIR. « Bien des entreprises gèrent encore des coûts plus élevés, des marges plus serrées et une demande inégale, ce qui continue de mettre leur résilience à l’épreuve. »
L’incertitude économique persistante – y compris de possibles perturbations des échanges commerciaux, des fluctuations du coût des intrants et des changements de comportement des consommateurs – pourrait continuer de présenter des risques pour certains secteurs.
« L’instabilité des chaînes d’approvisionnement et des coûts financiers plus élevés continuent de peser sur de nombreuses entreprises canadiennes, et l’incertitude persistante en ce qui concerne le commerce transfrontalier et la demande à l’exportation reste un obstacle, notamment pour les entreprises très dépendantes des marchés internationaux, explique M. Munro. Les grandes entreprises sont souvent plus à même de faire face à ces changements, tandis que les petites entreprises sont généralement les premières à ressentir ces pressions, et il leur est donc plus difficile d’absorber des chocs imprévus ou des périodes prolongées de demande plus faible. »
M. Munro souligne qu’il demeure essentiel pour les propriétaires d’entreprise qui éprouvent des difficultés financières d’intervenir tôt. Les syndics autorisés en insolvabilité peuvent aider à évaluer la viabilité financière et à étudier des solutions de restructuration avant que les problèmes s’aggravent.
« En parlant avec un syndic autorisé en insolvabilité, les propriétaires d’entreprise peuvent avoir une meilleure idée des solutions envisageables, qu’il s’agisse de négocier avec des créanciers, de restructurer la dette ou d’apporter des ajustements stratégiques pour renforcer la viabilité à long terme », ajoute M. Munro.
Les syndics autorisés en insolvabilité, qui s’appuient sur des connaissances approfondies doublées d’une grande expérience en matière de restructuration et d’insolvabilité, apportent une perspective impartiale et concrète qui peut aider les propriétaires d’entreprise à prendre des décisions plus éclairées pendant des périodes de difficultés financières.
Un petit nombre de secteurs a continué d’éprouver d’immenses difficultés en 2025. Les seuls trois secteurs où le nombre d’insolvabilités d’entreprise a augmenté sont le secteur de l’agriculture, de la foresterie, de la pêche et de la chasse (97 dossiers déposés, soit 2 de plus), le secteur de l’extraction minière, de l’exploitation en carrière, et de l’extraction de pétrole et de gaz (38 dossiers déposés, soit 6 de plus), et le secteur des services publics (14 dossiers déposés, soit 1 de plus). À l’inverse, le secteur des services d’hébergement et de restauration (654 dossiers déposés, soit une baisse de 228), le secteur du transport et de l’entreposage (373 dossiers déposés, soit une baisse de 163), et le secteur de la construction (742 dossiers déposés, soit une baisse de 144) ont enregistré les plus fortes baisses d’insolvabilités sur l’année, même si le secteur des services d’hébergement et de restauration représentait encore une part importante du nombre total de dossiers déposés. Le secteur de la construction représentait la plus grande part des insolvabilités en 2025 (15,5 %), suivi de près par le secteur des services d’hébergement et de restauration (13,7 %).
À PROPOS DE L’ACPIR
L’Association canadienne des professionnels de l’insolvabilité et de la réorganisation (ACPIR), qui est l’association nationale des professionnels de l’insolvabilité, compte 1 400 membres et associés. Les membres de l’ACPIR ont obtenu la désignation de professionnel agréé de l’insolvabilité et de la réorganisation (PAIR) et la plupart sont des syndics autorisés en insolvabilité (SAI) qui offrent des services en matière d’insolvabilité et de réorganisation aux consommateurs et aux entreprises aux prises avec des difficultés financières. L’ACPIR est la voix nationale sur les questions d’insolvabilité dans tout le Canada.
Pour en savoir plus, consultez : www.CAIRP.ca
PERSONNE-RESSOURCE
Angela Joyce, Relations avec les médias
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