ACPIR : les statistiques sur l’insolvabilité au Canada au premier trimestre de 2026
TORONTO – 11 mai 2026 – Le nombre d’insolvabilités de consommateur a augmenté au premier trimestre de 2026, 37 121 Canadiens ayant déposé un dossier d’insolvabilité de consommateur, selon les dernières données du Bureau du surintendant des faillites (BSF). L’Association canadienne des professionnels de l’insolvabilité et de la réorganisation (ACPIR) souligne qu’il s’agit du volume trimestriel d’insolvabilités de consommateur le plus élevé depuis 2009 et qu’il équivaut à environ 17 Canadiens déposant un dossier d’insolvabilité par heure, en moyenne, au cours du trimestre, signe des difficultés financières que continuent d’éprouver de nombreux ménages face à l’augmentation du coût de la vie, à un endettement élevé et à une incertitude économique plus grande. Le nombre d’insolvabilités de consommateur a augmenté de 8,5 % au premier trimestre par rapport au même trimestre l’an dernier.
« Les dernières données sur l’insolvabilité des consommateurs donnent à penser que plus de Canadiens atteignent une situation financière critique », déclare Wesley Cowan, syndic autorisé en insolvabilité et vice-président de l’ACPIR. « La crainte est que bien des ménages entrent dans cette prochaine période d’incertitude économique avec un endettement qu’ils ne peuvent plus gérer sans problème. Quand les coûts d’emprunt, les conditions d’emploi et les dépenses quotidiennes sont incertains, il peut devenir difficile de se désendetter sans un allégement structuré. »
Le nombre d’insolvabilités de consommateur au premier trimestre de 2026 est supérieur de 6,5 % à ce qu’il était au dernier trimestre de 2025. Sur la période de 12 mois se terminant le 31 mars 2026, le nombre de dossiers d’insolvabilité déposés par des consommateurs a augmenté de 4,2 % par rapport à la période de 12 mois se terminant le 31 mars 2025.
Avec le retour de pressions inflationnistes et des perspectives moins certaines en ce qui concerne les taux d’intérêt, de nombreux Canadiens gèrent leur endettement dans un contexte économique moins prévisible. L'instabilité des prix de l’énergie, l’incertitude commerciale et l’incertitude entourant l’emploi peuvent faire qu'il est plus difficile pour les ménages endettés d'établir un budget et de planifier.
Cowan explique que l’insolvabilité est souvent le résultat de mois ou d’années de difficultés financières, plutôt que d’un seul événement isolé.
« Pour quelqu’un qui éprouve déjà des difficultés financières, il ne faut pas toujours une crise majeure pour entraîner une insolvabilité, ajoute-t-il. Un arrêt de travail, un paiement manqué, une augmentation de loyer, une séparation ou des dépenses imprévues peuvent suffire à faire basculer quelqu’un dans une situation dont il ne peut se sortir seul. »
Ces points de bascule sont parfois plus difficiles à surmonter quand les ménages comptent déjà sur le crédit ou retardent des paiements pour gérer les frais courants. Quand le solde de la dette augmente plus vite qu’il ne peut être remboursé, la question n’est plus seulement celle d'un budget mensuel, mais celle de savoir si la dette elle-même est viable.
« Quand les gens essaient de faire face à la hausse des coûts tout en portant un solde de la dette croissant, ils peuvent sembler s'en sortir financièrement jusqu’à ce que ce ne soit soudain plus le cas, poursuit M. Cowan. Cela retarde souvent le moment où quelqu’un demande de l’aide, et alors, ses options peuvent être plus limitées. Demander rapidement conseil à un professionnel peut aider à préserver plus d’options de redressement financier avant que la situation ne s’aggrave. »
À un moment où plus de Canadiens font face à de graves problèmes d’endettement, M. Cowan dit qu’il est important qu'ils sachent vers qui se tourner pour obtenir des conseils réglementés et dignes de confiance. Les syndics autorisés en insolvabilité sont les seuls professionnels sous réglementation fédérale habilités à administrer des solutions d’allégement de la dette telles que des propositions de consommateur et des faillites. Ils sont légalement et éthiquement tenus de procéder à une évaluation complète de la situation financière de chaque personne et de lui fournir des conseils exacts et impartiaux sur toutes les options existantes en matière d’allégement de dettes.
« Les problèmes d’endettement peuvent sembler insurmontables et, sans les conseils d'un professionnel, les gens ne savent pas toujours très bien quelles sont les solutions possibles, dit M. Cowan. Pour beaucoup, la première étape est de décider de déposer ou pas une proposition de consommateur ou de déclarer ou pas faillite. Il s’agit pour eux de savoir si leur dette peut encore être gérée de manière informelle, si une protection juridique est nécessaire et ce que chaque solution signifiera pour leur redressement financier à long terme. Comme les syndics autorisés en insolvabilité sont assujettis à une réglementation fédérale, les Canadiens peuvent avoir l’assurance de recevoir des conseils exacts et impartiaux correspondant à leur situation financière globale. »
Les premières consultations avec un syndic autorisé en insolvabilité sont généralement gratuites. Pour trouver un syndic autorisé en insolvabilité réglementé par le gouvernement, consultez : https://cairp.ca/trouver-un-pair-sai/.
Parmi les provinces, c’est la Colombie-Britannique qui a enregistré la plus forte augmentation sur 12 mois du nombre d’insolvabilités de consommateur au premier trimestre de 2026, avec +16,2 % et 4 234 dossiers déposés. Viennent ensuite l’Île-du-Prince-Édouard, avec +15,3 % et 166 dossiers déposés, et l’Ontario, avec +14,7 % et 13 913 dossiers déposés.
Baisse des insolvabilités d’entreprise sur 12 mois, mais la hausse trimestrielle est le signe de pressions financières persistantes
Le nombre d’insolvabilités d’entreprise a reculé de 7,5 % au Canada au premier trimestre de 2026 par rapport au même trimestre l’an dernier, avec 1 232 dossiers d’insolvabilité déposés. Malgré cette baisse sur un an, le nombre d’insolvabilités d’entreprise au premier trimestre de 2026 était supérieur de 9,8 % à ce qu’il était au trimestre précédent, sur fond de fléchissement de la demande, de hausse du prix des carburants et des intrants, de coûts d’emprunt toujours élevés et de regain d’incertitude au sujet du commerce, des droits de douane et des chaînes d’approvisionnement.
Le nombre de dossiers déposés reste également supérieur de 27,6 % à la moyenne du premier trimestre avant la pandémie, ce qui montre que la conjoncture demeure difficile pour beaucoup d’entreprises. Pour la période de 12 mois se terminant le 31 mars 2026, le nombre de dossiers d’insolvabilité déposés par des entreprises était inférieur de 14,1 % à ce qu’il était pendant la période de 12 mois se terminant le 31 mars 2025.
« L’augmentation du nombre d'insolvabilités d’entreprise par rapport au dernier trimestre vient rappeler que les pressions financières sur les entreprises canadiennes restent importantes », explique Craig Munro, syndic autorisé en insolvabilité et vice-président de l’ACPIR. « Le nombre de dossiers déposés demeure certes inférieur aux niveaux élevés enregistrés à la même époque l’an dernier, mais beaucoup d’entreprises continuent de faire face à des coûts élevés, à des marges plus serrées et à une incertitude économique continue. »
Selon lui, nombre d'entreprises canadiennes évoluent encore dans un environnement opérationnel difficile marqué par des coûts de financement plus élevés, des prix des intrants fluctuants, un fléchissement de la demande des consommateurs et l’incertitude continue entourant le commerce et les chaînes d’approvisionnement. Face à des droits de douane imprévisibles, aux ruptures de chaîne d’approvisionnement et à la prudence des consommateurs dans leurs dépenses, il peut être plus difficile pour les entreprises de fixer le prix des produits, de gérer des stocks, d’investir en toute confiance dans la croissance ou de savoir si les pressions financières sont temporaires ou si elles font partie d’une évolution à long terme. Pour des entreprises par ailleurs viables, le système d’insolvabilité peut offrir une voie structurée pour stabiliser les activités et résoudre les problèmes d'endettement avant qu’ils ne conduisent à des fermetures soudaines, à des pertes d’emplois ou à des conséquences plus générales pour les employés, les fournisseurs, les créanciers et les collectivités locales.
« Quand une entreprise est sous pression, la bonne solution n’est pas toujours évidente, déclare M. Munro. Un syndic autorisé en insolvabilité peut aider à séparer la pression sur les flux de trésorerie à court terme de problèmes de viabilité plus importants, afin que les décisions concernant la restructuration, les négociations avec les créanciers ou une liquidation ordonnée soient prises en comprenant mieux les risques et les obligations en jeu. »
La restructuration peut aider à créer une marge de manœuvre pour les entreprises viables pour qu'elles s’attaquent à la dette, stabilisent leurs activités et préservent la valeur pour les créanciers, les employés, les fournisseurs et la collectivité en général. Les syndics autorisés en insolvabilité fournissent une évaluation impartiale de la situation financière de l’entreprise et peuvent aider les propriétaires à savoir si une restructuration, des négociations avec les créanciers, une proposition, une mise sous séquestre, une faillite ou une liquidation ordonnée sont appropriées.
Les secteurs qui ont enregistré les plus fortes hausses du nombre d’insolvabilités au premier trimestre de 2026 par rapport au même trimestre l’an dernier sont les suivants : gestion de sociétés et d'entreprises (46 dossiers déposés, soit +17), construction (208 dossiers déposés, soit +15), autres services (sauf les administrations publiques) (73 dossiers déposés, soit +11), et finance et assurances (26 dossiers déposés, soit +10). Les secteurs représentant la plus grande part d’insolvabilités d’entreprise au premier trimestre de 2026 sont ceux de la construction (17,0 %) et des services d'hébergement et de restauration (13,9 %).
À PROPOS DE L’ACPIR
L’Association canadienne des professionnels de l’insolvabilité et de la réorganisation (ACPIR), qui est l’association nationale des professionnels de l’insolvabilité, compte 1 400 membres et associés. Les membres de l’ACPIR ont obtenu la désignation de professionnel agréé de l’insolvabilité et de la réorganisation (PAIR) et la plupart sont des syndics autorisés en insolvabilité (SAI) qui offrent des services en matière d’insolvabilité et de réorganisation aux consommateurs et aux entreprises aux prises avec des difficultés financières. L’ACPIR est la voix nationale sur les questions d’insolvabilité dans tout le Canada.
Pour en savoir plus, consultez : www.CAIRP.ca
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