ACPIR : Statistiques sur l’insolvabilité au Canada au deuxième trimestre de 2026

Le nombre d’insolvabilités de consommateurs a augmenté de 6,9 % en glissement annuel, alors que les pressions sur les coûts continuent de mettre à rude épreuve les ménages fortement endettés; Sur 12 mois, le nombre d’insolvabilités d’entreprises est resté
14 août 2026

TORONTO – 14 août 2026 – Selon les dernières données publiées par le Bureau du surintendant des faillites (BSF), le nombre de dossiers d’insolvabilité déposés par des consommateurs au Canada a augmenté au deuxième trimestre de 2026 pour s’établir à 37 523. L’Association canadienne des professionnels de l’insolvabilité et de la réorganisation (ACPIR) souligne qu’il s’agit du volume trimestriel d’insolvabilités de consommateurs le plus élevé depuis 2009 et qu’il équivaut à environ 17 consommateurs déposant un dossier d’insolvabilité par heure, en moyenne, au cours du trimestre. Le nombre d’insolvabilités de consommateurs a augmenté de 6,9 % comparativement au même trimestre l’an dernier. 

« Les dernières données sur l’insolvabilité donnent à penser que bon nombre de Canadiens fortement endettés n’ont pas encore retrouvé une marge de manœuvre budgétaire suffisante pour commencer à réduire leurs dettes », déclare Wesley Cowan, syndic autorisé en insolvabilité et vice-président de l’ACPIR. « Pour ces ménages, le problème ne se résume plus à une période temporaire de difficultés financières, mais réside dans un déséquilibre plus profondément ancré entre leurs revenus, leurs dépenses et le poids de leur endettement. Une plus grande stabilité des taux d’intérêt ne réduit pas immédiatement la dette accumulée ni le coût d’autres dépenses essentielles. »

Le nombre d’insolvabilités de consommateurs au deuxième trimestre de 2026 est légèrement supérieur, soit de 1,1 %, à ce qu’il était au trimestre précédent. Sur la période de 12 mois se terminant le 30 juin 2026, le nombre de dossiers d’insolvabilité déposés par des consommateurs a grimpé de 5,9 % par rapport à la période de 12 mois achevée le 30 juin 2025. 

Bien que les dossiers d’insolvabilité de consommateurs aient continué d’augmenter au deuxième trimestre de 2026, les données les plus récentes rajustées en fonction de la population permettent de mieux comprendre la tendance générale. En 2025, le taux annuel d’insolvabilité des consommateurs au Canada a baissé à 4,1 insolvabilités pour 1 000 adultes canadiens de 18 ans et plus, contre 4,2 en 2024, mais il est demeuré supérieur aux niveaux enregistrés de 2020 à 2023. Rapporté à la population, le taux a reculé légèrement en 2025, reflétant en partie la croissance de la population adulte du Canada. 

Parallèlement, de nombreux Canadiens endettés subissent encore les effets cumulés de la hausse des coûts, tandis que l’évolution de leur situation professionnelle, de leurs revenus ou du niveau de leurs dépenses essentielles peut leur laisser peu de latitude pour reconstituer leur épargne ou réduire leurs dettes. 

« Pour des ménages déjà sous pression financière, le défi tient souvent au fait qu’ils n’ont pas le temps de se remettre financièrement d’une facture élevée avant d’en recevoir une autre », explique M. Cowan. « Lorsque l’intégralité de chaque chèque de paie est déjà consacrée aux dépenses, même une variation relativement modeste du coût des dépenses essentielles peut nécessiter un financement supplémentaire au lieu de pouvoir être absorbée. Voilà comment un recours temporaire au crédit peut se transformer en béquille permanente dans le budget d’un ménage. » 

Certaines personnes essaieront peut-être de maintenir leurs comptes en règle en transférant des soldes, en faisant les paiements minimaux requis, en retardant le paiement de certaines factures, en optant pour un refinancement ou en s’endettant davantage pour rembourser une dette existante. Bien que ces mesures puissent permettre de repousser à plus tard un problème de paiement immédiat, elles risquent aussi de faire perdurer l’accumulation de soldes et d’intérêts. 

« Quand une personne réorganise sa dette à répétition sans parvenir à la réduire de manière significative, on ne parle plus d’un simple problème de gestion du budget au quotidien », affirme M. Cowan. « Le transfert de soldes ou le recours à un produit de crédit pour rembourser une autre dette peut permettre de reporter le règlement d’un paiement manqué, mais cela ne change rien au montant dû ni n’engendre aucun revenu supplémentaire pour le rembourser. »    

Lorsque les soldes et les intérêts augmentent à un rythme tel que les remboursements ne suffisent pas à en réduire le montant, les gens peuvent se retrouver pris dans un cercle vicieux où ils se contentent de répondre à l’obligation la plus pressante. Selon M. Cowan, obtenir des conseils professionnels avant que les arriérés de paiement ne s’aggravent, que les activités de recouvrement ne s’intensifient ou que des poursuites ne soient engagées peut aider à comprendre toute l’ampleur de la situation financière et l’ensemble des choix qui s’offrent.   

« Les problèmes d’endettement deviennent plus difficiles à résoudre lorsque chaque décision est prise en réponse à une pression immédiate », ajoute M. Cowan. « Un syndic autorisé en insolvabilité peut évaluer la situation dans sa globalité – à savoir les dettes, les revenus, les éléments d’actif et les recours à la disposition des créanciers – et expliquer les répercussions de chaque option disponible. Faire le point dès le début peut contribuer à éviter qu’un enchaînement de décisions prises dans l’urgence ne réduise davantage les possibilités de se sortir de cette situation. »

Les syndics autorisés en insolvabilité sont les seuls professionnels sous réglementation fédérale au Canada habilités à administrer des solutions d’allégement de la dette telles que des propositions de consommateur et des faillites. Ils sont légalement et éthiquement tenus de procéder à une évaluation complète de la situation financière de chaque personne et de lui fournir des conseils exacts et impartiaux sur toutes les options existantes, y compris leurs coûts, leurs conséquences et les protections offertes par la loi.

Les premières consultations avec un syndic autorisé en insolvabilité sont généralement gratuites. Pour trouver un syndic autorisé en insolvabilité réglementé par le gouvernement, consultez : https://cairp.ca/trouver-un-pair-sai/.

Parmi les provinces, c’est l’Île-du-Prince-Édouard qui a enregistré la plus forte augmentation sur 12 mois du nombre d’insolvabilités de consommateurs au deuxième trimestre de 2026, avec +14,7 % et 156 dossiers déposés. Viennent ensuite la Saskatchewan, qui a affiché une hausse de 11,1 % et 984 dossiers déposés, et la Colombie-Britannique, avec +10,9 % et 4 207 dossiers déposés. En ce qui concerne le taux annuel, c’est la province de Terre-Neuve-et-Labrador qui a affiché le plus haut taux d’insolvabilité des consommateurs en 2025, soit 5,1 insolvabilités pour 1 000 adultes, suivie du Nouveau-Brunswick, à 4,9, et de la Nouvelle-Écosse, à 4,8.

Sur 12 mois, le nombre d’insolvabilités d’entreprises est resté stable, mais par rapport au T1, il s’est accru de 4,0 % face à une demande atone et à une capacité limitée à répercuter la hausse des coûts 

Avec une hausse de 0,2 % seulement, le nombre d’insolvabilités d’entreprises au Canada est demeuré pratiquement inchangé au deuxième trimestre de 2026 par rapport au même trimestre l’an dernier; 1 281 dossiers d’insolvabilité ont été déposés. Comparativement au trimestre précédent, toutefois, le nombre de dossiers déposés a augmenté de 4,0 %. Bon nombre d’entreprises continuent de devoir composer avec une demande inégale, des coûts d’exploitation en hausse et une capacité limitée à répercuter ces coûts sur les clients.

Le nombre de dossiers déposés au deuxième trimestre de 2026 est resté supérieur de 33,7 % à la moyenne du deuxième trimestre avant la pandémie. Toutefois, pour la période de 12 mois se terminant le 30 juin 2026, le nombre de dossiers d’insolvabilité déposés par des entreprises était inférieur de 9,7 % à ce qu’il était pendant la période de 12 mois s’étant achevée le 30 juin 2025.

La tendance générale traduit également une certaine baisse. Le taux annuel d’insolvabilité des entreprises est passé de 1,1 insolvabilité pour 1 000 entreprises en 2024 à 1,0 en 2025, après s’être maintenu à 1,1 en 2023 et en 2024. Même si le taux a baissé, il est resté supérieur à celui de 0,9 enregistré en 2019. Parmi les secteurs d’activité, c’est celui des services d’hébergement et de restauration qui a affiché le taux annuel le plus élevé, soit 5,0 insolvabilités pour 1 000 entreprises, suivi par la fabrication, avec 4,1 – deux taux largement supérieurs au taux national d’insolvabilité des entreprises de 1,0.

« Pour bien des entreprises, la demande demeure trop faible pour justifier les augmentations de prix qui leur permettraient de compenser entièrement la hausse des coûts », explique Craig Munro, syndic autorisé en insolvabilité et président du conseil d’administration de l’ACPIR. « Lorsque les dépenses augmentent à une vitesse telle que l’entreprise n’a pas le temps d’adapter ses prix, ces coûts sont absorbés par les marges et le fonds de roulement. L’augmentation du nombre d’insolvabilités par rapport au trimestre précédent est un rappel que, même si la tendance à long terme est à la baisse, certaines entreprises continuent d’éprouver de sérieuses difficultés financières. »  

La hausse des coûts liés au carburant, au transport, à l’approvisionnement et aux droits de douane peut rapidement avoir des répercussions sur les entreprises, alors qu’il peut falloir des mois avant que les variations de prix ne se matérialisent, que des contrats soient renégociés et que de nouvelles sources d’approvisionnement soient trouvées. Les entreprises actives sur des marchés concurrentiels ou liées par des contrats à prix fixe peuvent être particulièrement limitées dans leur capacité à répercuter ces coûts sur les clients.

Les tensions qui en découlent peuvent ne pas se manifester, dans un premier temps, par une forte baisse des revenus. Elles peuvent prendre la forme de marges plus faibles, d’emprunts plus fréquents, de paiements plus lents aux fournisseurs, de reports de certains versements ou d’une réduction des investissements dans l’entreprise. À terme, ces mesures diminuent la marge de manœuvre requise pour répondre à une nouvelle hausse des coûts, à un retard dans les encaissements ou à une évolution de la demande. 

« Lorsque les activités quotidiennes commencent à dépendre de l’endettement personnel, du report de certaines sommes à remettre ou de prolongations répétées des délais de paiement consenties par des fournisseurs, c’est signe que l’entreprise ne maîtrise plus son calendrier de paiements », déclare M. Munro. « Un syndic autorisé en insolvabilité peut aider à déterminer quelles activités de l’entreprise génèrent encore de la valeur, à comprendre l’interaction entre les réclamations des créanciers et les échéances de paiement, ainsi qu’à établir si l’entreprise a encore suffisamment de temps et de liquidités pour entreprendre une réorganisation avant d’être forcée par un créancier à prendre certaines décisions. »

Le système canadien d’insolvabilité et de réorganisation peut offrir aux entreprises qui disposent d’une base opérationnelle viable une solution structurée pour s’attaquer à la dette, coordonner les réclamations des créanciers et préserver la valeur avant que les pressions financières ne mènent à une fermeture soudaine. Les syndics autorisés en insolvabilité fournissent une évaluation impartiale de la situation financière de l’entreprise et peuvent aider les propriétaires à savoir si des négociations avec les créanciers, une proposition, une mise sous séquestre, une faillite ou une liquidation ordonnée sont appropriées.

Les secteurs qui ont enregistré les plus fortes hausses du nombre d’insolvabilités au deuxième trimestre de 2026 par rapport au même trimestre l’an dernier sont les suivants : transport et entreposage (136 dossiers déposés, soit +36), services d’hébergement et de restauration (191 dossiers déposés, soit +30) et fabrication (112 dossiers déposés, soit +18). Les secteurs représentant la plus grande part d’insolvabilités d’entreprises au deuxième trimestre de 2026 sont ceux de la construction (16,9 %) et des services d'hébergement et de restauration (15,1 %).

À PROPOS DE L’ACPIR

L’Association canadienne des professionnels de l’insolvabilité et de la réorganisation (ACPIR), qui est l’association nationale des professionnels de l’insolvabilité, compte près de 1 400 membres et associés. Les membres de l’ACPIR ont obtenu la désignation de professionnel agréé de l’insolvabilité et de la réorganisation (PAIR) et la plupart sont des syndics autorisés en insolvabilité (SAI) qui offrent des services en matière d’insolvabilité et de réorganisation aux consommateurs et aux entreprises aux prises avec des difficultés financières. L’ACPIR est la voix nationale sur les questions d’insolvabilité dans tout le Canada.

Pour en savoir plus, consultez : www.cairp.ca.

PERSONNE-RESSOURCE

Angela Joyce, Relations avec les médias
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